La manoeuvre de Sellick

 

La manoeuvre de Sellick, consiste à exercer un appui sur le cartilage Cricoïde, alpha de préserver les régurgitations de liquide gastrique vers l'oesophage et les voies aériennes supérieures. Il convient d'exercer une pression d'environ 30 Newton de manière verticale. L'appui se fait sur le cartilage Cricoïde et non sur la pomme d'Adam, puisque le cartilage Cricoïde est circulaire.

en cas de vomissements, il faut savoir arrêter cet appui, de façon à éviter l'hyper pression gastrique et oesophagienne.

Comme pour toutes les manoeuvres, il faut la réaliser correctement et donc pouvoir exercer une pression correcte,Schmidt A (Acta Anaesth Scand 2001) a montré que 69 % des médecins ne connaissaient pas le niveau de pression à atteindre, et que des forces supérieures à 60 Newtons étaient exercées par 61 % des médecins dans son étude.

Flucker CJ (The 50-millilitre syringue as an inexpensive training aide in the application of cricoïd pressure, Eur J Anaesth. 2000; 17(7) 443-7) proposent une méthode simple pour s'entraîner, en remplissant derrière une seringue de 50 ml bouchée à son extrémité, il constate que parce que le piston est devant la graduation 38 ml, la pression exercée par l'opérateur et de 20 N, et que lorsque le piston efface à la graduation 30 ml, la pression exercée est de 40 Newton. On peut en conclure qu'une pression correcte correspond à peu près à la graduation 35 ml.

En 2008, 22 articles avaient été publiés dans la littérature, parmi ceux-ci, Ralph & Wareham. (Anaesthesia 1991;46:40-1) Décrivent un cas de rupture oesophagienne lors de la pratique de la manoeuvre de Sellick chez un patient éveillé.

La manoeuvre de Sellick peut parfois perturber les conditions d'intubation, Snider (The "BURP" maneuver worsens the glottic view when applied in combination with cricoid pressure. Can J Anaesth. 2005 Jan;52(1):100-4) écrivent que la manoeuvre de Sellick ne perturbe pas les conditions d'intubation dans 65 % des cas, que par contre la manoeuvre de Sellick seule détériore la visualisation de la glotte dans 12,5 % des cas (p = 0,279), et que la manoeuvre de Sellick associée au BURP détériore la visualisation glottique dans 30 % des cas. notre conclusion est donc qu'il faut savoir arrêter la manoeuvre de Sellick lorsque celle-ci compromet les conditions d'intubation sous laryngoscopie directe.